La semaine musicale du 7 au 13 Novembre 2011

Bonjour à tous (ou à toi lecteur esseulé)!

Aujourd’hui, c’est Dimanche et c’est l’heure de la piqûre de rappel! Voici donc le Weekly Wrap musical avec, en guise d’album de ce Dimanche 13 Novembre, une sorte de mini coup-de-gueule (d’où le tag) ou en tout cas la présentation d’un spécimen, osons le dire, horrible.

L’album du 7 Novembre 2011

L’album du jour commence à dater (un peu plus d’un an) mais je ne l’ai découvert qu’aujourd’hui. Et pour cause Massive Audio Distorsion (oui oui distorsion est bien écrit à la française) aka MAD pratique, dans son premier opus 3 accords dans ta gueule, un punk français aux accents hard-rock que l’on pensait perdu, ce qui explique sans doute le peu de couverture médiatique dont ils ont bénéficié. La voix crade et le timbre gras du chanteur Micka font évidemment penser à Bulldozer et l’ambiance générale renvoie, pour les connaisseurs, à Tulaviok (oui c’est vieux, je vous disais qu’on pensait ce style perdu!), même si on a affaire à une musique qui emprunte plus au rock n’ roll sur la première partie de l’album. La seconde partie relève du punk-rock presque pur, un peu moins étonnant mais tout aussi efficace.

Alors, pour vous prendre une claque saveur vintage, il ne vous reste plus qu’à découvrir cet album.

L’album du 8 Novembre 2011

Aujourd’hui, j’avais prévu d’écouter un truc assez bizarre, proche de l’opéra et d’en faire l’album du jour si ça me plaisait. Mais je ne l’ai pas trouvé, même pas sur Spotify, encore moins dans les rayons musique de ces supermarchés de la culture… Il y a bien le myspace de l’artiste mais j’ai horreur de myspace et en plus il n’y avait que des chansons de ses albums précédents qui n’avaient rien à voir avec l’objet de mon intérêt. Bref, j’ai dû trouver un remplaçant et après moult recherches (non on n’écrit pas moultes bande d’incultes, bourreaux de la langue!), j’ai décidé que j’allais vous servir un grand nom.

L’album du jour est Heritage de Opeth. Cela faisait un certain temps (depuis Damnation en 2003 si je ne m’abuse) que le groupe aux origines hard-rock / death metal rasait les murs du changement. Les suédois avaient soif de renouveau et n’avaient de cesse que de rendre hommage à leurs idoles des 70s sans oser empiéter réellement sur leurs plate-bandes (tiens encore un mot souvent mal orthographié). Eh bien la métamorphose est complète et le Dragon Rouge a pris son envol (je ne sais pas pourquoi cette image me vient, Mikael Åkerfeldt et sa bande ne sont pourtant pas des psychopathes…)! Opeth est donc entré dans le monde merveilleux du rock progressif et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est étonnamment réussi. On savait qu’ils avaient du talent bien entendu, mais le genre auquel ils s’attaquent est quand même très particulier et a engendré de nombreuses ignominies. Heritage est beau, Heritage est travaillé, Heritage démontre une maitrise et un travail phénoménaux tout en restant pudique. A la manière d’un effeuillage de Dita Von Teese, l’album se révèle petit à petit, jouant des rythmes, des sons, des ambiances et des changements qu’il leur fait tous subir. Les mélodies sont audacieuses de par leur complexité mais, comme à son habitude, Opeth n’oublie pas d’ « envoyer le pâté » comme on dit chez nous!

Bref, Heritage prouve que le groupe Opeth a parfaitement assimilé le travail de ses idoles mais n’oublie pas son identité et que la Suède n’a pas dit son dernier mot!

A écouter absolument, que vous soyez fan ou que vous ne connaissiez même pas Opeth.

L’album du 9 Novembre 2011

Bilateral avait un défi énorme à relever: se montrer à la hauteur de son prédécesseur Tall Poppy Syndrome des (très) jeunes norvégiens de Leprous. On peut dire que ce n’était pas chose aisée tant ce dernier avait mis une claque au milieu (journalistes, groupes et fans). La maitrise technique, les rythmes légèrement jazzy, les fluctuations de voix millimétrées et le petit plus difficilement descriptible de Tall Poppy Syndrome avait d’avance condamné Leprous à devenir un formidable one-hit band du métal nordique progressif si l’on en croyait la presse spécialisée.

Et pourtant, cette nouvelle sortie est juste incroyable! Le groupe a réussi le tour de force de faire mieux que leur premier opus! En fait, c’est seulement en écoutant Bilateral qu’on réalise ce qui clochait avec son prédécesseur: les mélodies. Elles avaient en effet tendance à être bancales, ou du moins extrêmement fragilisées par leur position sur le fil, leur état précaire. Une impression de vertige planait sur l’album et on comprend maintenant que ce n’était pas complètement volontaire. Einar Solberg et ses potes aux noms à base de Ø impossibles à écrire ou à retenir se sont visiblement perfectionnés depuis leur premier effort et leurs fans ne risquent pas d’être déçus. J’entends déjà la presse annoncer un troisième album décevant (pour être honnête, j’ai même déjà lu dans un magazine « De quoi fonder de plus grandes inquiétudes encore sur ce que donnera le troisième », vive la confiance…)

Enivrez-vous de toute urgence de ce nectar de Thor! 😉

L’album du 10 Novembre 2011

L’album du jour a acquis cet honneur de façon fort simple et pourtant c’est un exploit: en étant le premier album de métal fusion français qui tient la route depuis des années! Oui je sais, quand on entend ces trois mots, métal fusion français, ça fait peur mais ne vous en faites pas, cette fois c’est assez réussi. Sidilarsen a en effet trouvé un bon équilibre entre le métal et la dark electro grâce notamment à un soin tout particulier apporté à chaque refrain de Machine Rouge (à l’exception du track Samira évidemment puisque ce dernier n’a pas de refrain…). Mais là où se situe réellement l’exploit, c’est que les textes tiennent la route et que les sonorités de celui-ci s’accordent parfaitement dans l’univers de Machine Rouge, ce qui est malheureusement très rare en fusion française, puisque cette langue ne pardonne rien en musique (ce qui explique d’ailleurs que si peu d’artistes s’y risquent). Les lyrics ont une autre particularité: elles sont étonnamment positives. Un peu à la façon de Mass Hysteria, le groupe part de constats plutôt déprimants sur la société d’aujourd’hui (vous me direz, c’est pas forcément ce qu’il y a de plus compliqué et je ne vous donnerai pas tort) et en tire des paroles porteuses d’espoir et, osons-le dire, d’amour. Ca va, vous n’avez pas vomi? Eh oui ça arrive!

De la fusiondark donc, qui ne donne pas le cafard mais donne plutôt envie de réagir. Ca mérite au moins une écoute complète, vous ne croyez pas? Il est certain que Machine Rouge ne marquera pas l’histoire de la musique et que son côté mainstream (totalement assumé par le groupe) rend le tout un peu moins percutant (on est très loin de la claque de l’album d’hier) mais je tenais quand même à saluer cet effort pendant l’écoute duquel on se retrouve à sourire béatement, encore une fois comme à la bonne époque de Mass Hysteria. Et puis ça me rappelle un peu le lycée et les groupes que je conseillais aux gens pour « entrer » dans le métal… Cette nostalgie a du jouer, je le confesse.

Quoiqu’il en soit, je vous laisse découvrir l’album.

L’album du 11 Novembre 2011

Aujourd’hui, vous avez droit à un double album, Love dont la seconde partie, ingénieusement appelée Love: Part Two, est sortie cette semaine. Angels and Airwaves aka AVA nous offre encore une fois sa vision si particulière du monde à travers un rock alternatif mixé avec du space rock et une touche de punk (ben oui je vous rappelle que le leader du groupe est Tom DeLonge donc…). D’aucuns se plaignent d’une impression de redite, comme si cette seconde partie de l’album concept n’était au final qu’un prolongement de son prédécesseur (sorti l’an dernier) et manquait donc d’originalité, de personnalité. Quand on lit ça en entendant l’album, on ne peut s’empêcher de penser au cas de The Wall de nos amis Pink Floyd dont on entend toujours que la seconde partie est mineure. Dans le cas des rois du rock psychédélique, je suis de ceux qui pensent que c’est le film accompagnant l’album qui a « tué » cette fameuse seconde partie à laquelle il ne rendait pas justice. Dans le cas de Love (sorti accompagné d’un film également que je n’ai malheureusement pas encore vu… Je dis malheureusement parce que j’ai lu pas mal de critiques qui comparaient le film Love à Moon que j’avais tout bonnement adoré, bref!), je pencherais plutôt pour une idée préconçue, un jugement a priori qui a empêché les journalistes de donner sa chance à Love: Part Two.

Il est vrai qu’en écoutant ce dernier à part, je me suis fait à peu près la même réflexion. Mais puisque ce double album est, à la base, un concept unique, j’ai décidé d’écouter les deux d’affilée. Et là, je n’aurais qu’une chose à vous dire: Part Two est très supérieur à son prédécesseur! On a en fait affaire à un blend de Love: Part One et du tout premier album d’ AVA (et leur meilleur jusqu’alors selon moi), We don’t need to whisper. Vous l’aurez compris, je vois cet album comme le plus abouti du super-groupe (Pour une fois, ce terme n’est pas volé avec le leader venant de Blink 182, le guitariste de Box Car Racer, le bassiste de 30 Seconds to mars et le batteur de Nine Inch Nails ) puisqu’il a la force musicale de leur premier opus et la cohérence thématique de leur troisième.

Enjoy! 😉

L’album du 12 Novembre 2011

L’album du jour est A Backward Glance On A Travel Road de… A Backward Glance On A Travel Road. Oui je sais, les albums éponymes en guise de premier opus, c’est pas très original mais le nom est bien assez intriguant pour ce double-emploi, non? Et puis de toute façon, l’album en lui-même est largement assez inspiré pour qu’on pardonne au trio à peu près tout. Le trio en question (composé de Gredin, Emmanuel Jessua et Thibault Lamy) est une (grosse) partie du groupe de métal expérimental français paradoxalement plus connu à l’étranger Hypo5e. Mais attention, s’ils ont fait de A Backward Glance On A Travel Road un side project, c’est bien parce que la différence est réelle. Ici, pas de grosses guitares, pas de métal… ou presque. En les écoutant, on a parfois l’impression qu’ils font du métal avec des instruments acoustiques. Je sais, ça parait étrange et ça doit même sembler complètement fou à certains d’entre vous mais le résultat est là et on ne peut s’empêcher de penser à Hypno5e en écoutant Hier Régnant Désert par exemple.

Si l’on voulait capturer le concept de l’album, il faudrait partir vers le cinéma. Ca vous apparaitra comme une évidence lorsque vous l’écouterez, notamment à cause des incursions de clips sonores tirés de films dans les chansons, ou encore à la lecture d’un des titres: Johnny Got His Gun, le fameux film qui avait déjà inspiré One à Metallica. La musique du groupe est à la fois mélancolique et rageuse, porteuse de fragments de réflexions introspectives comme on en a parfois lorsqu’on visionne un grand film. Entre la musique léchée et les paroles poétiques et, parfois, philosophiques, tout nous rappelle les films de la Nouvelle Vague, le cinéma d’auteur digne de ce nom, pas de ceux qui se masturbent en balançant des images sans saveur et pensent être provocants en montrant un vagin géant offert comme voyage à un homme qui se sent coupable… Oups, j’ai peut-être été un peu trop précis sur ce coup-là, on risque de comprendre à qui je fais référence 😛 Toujours est-il que A Backward Glance On A Travel Road évoque de nombreuses images, de nombreuses scènes et nous invite étrangement à plonger en nous-mêmes.

La première version était à l’époque disponible gratuitement sur leur site (en 2009) mais il vous faudra débourser un euro si vous voulez acquérir ce petit bijou remasterisé (et sa chanson inédite). Quant à moi, je me suis fait plaisir et me suis offert la version physique avec le magnifique livre qui l’accompagne, entre artbook et livret.

Enjoy! 😉

Le fail musical du 13 Novembre 2011

Aujourd’hui, je suis tombé sur un album complètement raté et il me semble important de le partager. Je sais que certains d’entre vous pensent que je suis un bobo de la musique expérimentale et que dès que c’est un peu étrange, je suis emballé. Je peux même comprendre cette impression puisque je ne partage avec vous que ce que j’aime bien. Alors il m’a semblé important de vous montrer que, non, « étrange » n’équivaut pas forcément à « réussi », « intéressant », ou même « digne d’une écoute attentive ».

L’album du jour, si j’ose dire, est Earth Sound System de Jackie O Motherfucker et c’est ce qu’on appelle un Epic Fail musical. Je pense que, comme moi, vous vous direz immédiatement « mais qu’est-ce que c’est que ce nom de groupe pourri? Encore une provocation à deux balles? ». Eh bien oui mes amis (et autres personnes me lisant), c’en est et ça n’augure rien de bon. Derrière ce nom se cache en fait un « collectif libre », nom branché pour dire que les potes viennent faire les conneries qu’ils n’osent pas mettre dans leurs projets respectifs. Du coup, c’est forcément souvent assez mauvais mais, pire encore, il n’y a absolument aucune cohérence dans cet album. On enchaîne de la folk et de la musique « expérimentale » qui ressemble étrangement à du foutage de gueule, comme si les « artistes » avaient décidé d’enregistrer les sons les plus pourris qu’on puisse imaginer (comme par exemple du caoutchouc sur une vitre) et de les jeter là sans même prendre la peine de les ordonner. Pris à part, certains morceaux ressemblent à des premiers jets prometteurs à l’image de Where we go, chanson assez Blues si l’on fait abstraction de ces bruits inopportuns censés offrir une nouvelle dimension à la chanson, mais aucun track ne semble achevé et, comme je vous le disais, ça ressemble plus à une compilation hasardeuse de tests techniques qu’à un album à proprement parler.

Si vous voulez entendre ce qu’il ne faut pas faire, allez donc écouter ce… hum… on va dire cet objet pour ne heurter personne. Oh et puis à quoi bon? Allez écouter cette daube musicale. Moi, je vous retrouve la semaine prochaine (enfin demain quoi) pour de vrais albums.

Enjoy (ou pas)! 😉

Le bonus musical du 13 Novembre 2011

Je me sens un peu mal de vous avoir mis un album tout pourri aujourd’hui mais je me suis promis de ne pas vous mettre d’album méritant le titre d’album du jour en ce Dimanche. Alors, pour compenser, je vous mets un triple album d’expérimentation musicale. Attention, ça ne plaira pas à tout le monde, loin de là. L’écoute n’est pas aisée et j’ai moi-même décroché à plusieurs reprises. Autre mise en garde: à la lecture de la playlist, vous vous demanderez certainement pourquoi il n’y a que quatre pistes pour un triple album. Eh bien ce n’est pas une erreur. Chaque piste dure effectivement entre 20 et 50 minutes. C’est ce qu’on appelle de la musique nouvelle et autant vous dire que c’est un peu à la musique ce que l’art abstrait est à la peinture.

Si, après ces avertissements, vous avez quand même envie de tenter l’expérience, je vous laisse apprécier le triple album Twenty Ten de Kenneth Kirschner.

Voilà qui clôture cette semaine musicale. A Dimanche prochain pour une nouvelle salve auditive! 😉

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s