La semaine musicale du 21 au 27 Novembre 2011

On est Dimanche soir et c’est l’heure du récap’ de la semaine en musique! Cette semaine encore, un fail musical pour clôturer le Weekly wrap, mais je ne l’ai pas écrit moi-même. Il faut savoir reconnaître le talent des vrais journalistes et puis… Je reconnais que ça m’a fait gagner du temps 😛

L’album du 21 Novembre 2011

L’album du jour est IV de Dub Trio. Se dirigeant de plus en plus vers le métal et le post-rock, le groupe garde son concept fondamental: utiliser le dub (à l’origine un dérivé du reggae ) comme une méthode et s’en servir pour traiter différents genres qu’ils affectionnent. Et ça tombe bien parce que j’adore, surtout avec les influences post-rock et métal qu’on trouve à foison dans cet album! C’est donc, pour résumer de façon un peu courte, un album métal remixé façon dub . Evidemment, il s’agit là d’un raccourci grossier puisque Ends justify the means par exemple est éminemment electro dub mais le gros de l’album tire sur le métal . Plus de trace de reggae dans ce dernier opus. Un son empli de riffs puissants et efficaces, de ruptures de rythme, de basses survitaminées, d’échos de guitares distordues et, quand même, de mélodies travaillées, surprenantes et légèrement vicieuses à la manière des écossais de Mogwai.

Je vous laisse apprécier ce travail remarquable.

L’album du 22 Novembre 2011

J’étais passé à côté de la sortie du deuxième album de Florence + the Machine intitulé Ceremonials et je remercie donc *Nom censuré* de me l’avoir signalée (bon en même temps, c’est sorti le 31 Octobre, je ne suis pas tellement en retard :P). Florence + the Machine est un groupe à géométrie variable dont la seule constante est la si talentueuse chanteuse nommée…Florence, eh oui ça vous la coupe hein? Florence Welch pour être précis. La londonienne s’était faite remarquer avec son premier album Lungs sorti en 2009 sur le label avec lequel elle travaille toujours Island Records. Petit aparté, c’est un choix de label assez étrange. Island Records est surtout un label rock et pop certes, mais diablement orienté mainstream d’après moi (je peux me tromper mais c’est en tout cas l’image que j’en ai). D’où mon étonnement face à ce choix étant donné que Florence + the Machine est un groupe résolument indie pop. Notez que je trouve toutefois ça bien que le label tente de se diversifier.

Fin de l’aparté et retour à l’album. Si les trois premières chansons (et dans une moindre mesure la quatrième) nous replongent sans conteste dans l’ambiance du premier album, on se tromperait lourdement en pensant que Florence + the Machine a décidé de se contenter d’appliquer à nouveau les recettes qui avaient fait son succès deux ans auparavant. Dès Breaking Down, on sent poindre le vent du changement qui sera confirmé trois chansons plus loin avec Seven Devils et enfin précisé, deux chansons plus tard, par Spectrum. Un rythme plus lent et des paroles qui pourraient faire passer notre artiste pour une dépressive rendent l’oeuvre beaucoup plus dark. Ce changement est intéressant et, pour le coup, me plait bien (même si je trouve que certains efforts étaient dispensables et alourdissent un peu trop les compositions), mais la belle risque d’y perdre nombre de fans. C’est sans doute cette crainte qui a poussé le « groupe » (j’hésite à donner cette appellation étant donnée la nature changeante de sa composition) à alterner chansons « à la Lungs » et chansons darks. Du coup, on a une sorte de double album qui se demande un peu de quel côté de la corde tomber et c’est dommage. Ces 20 chansons (ou 15 pour la version « non deluxe ») auraient gagné, à mon avis, à être divisées en deux albums distincts, ou au moins à être regroupées en deux corpus, en deux « CDs ».

Un bon album dans l’ensemble qui nous permet d’entendre à nouveau la voix magnifique de Florence Welch. N’hésitez pas à laisser sa chance à Ceremonials.

L’album du 23 Novembre 2011

Pas d’album ce Mercredi, désolé.

Le bonus du 24 Novembre 2011

Oui, aujourd’hui le bonus arrive avant l’album du jour, ça arrive. Il s’agit de l’album Volume One du groupe She & Him, sorti en 2008. C’est en voyant leur album de reprises de chansons de Noël A Very She & Him Christmas (qui ressortira peut-être en bonus à l’approche des fêtes, là c’est un peu tôt puisqu’aujourd’hui c’est seulement Thanksgiving) dans les rayons du Furet que j’ai eu envie de me replonger dans la musique romantique, innocente, presque niaise du groupe de Zooey Deschanel et Matt Ward. C’est peut-être aussi parce que l’ambiance est finalement assez proche de la folie et des certitudes du personnage de Jess (jouée par Deschanel justement) dans la série New Girl, que j’adore pour ceux qui ne seraient pas encore au courant.

Revenons à Volume One. Il s’agit d’un album pop aux allures souvent vintage et à l’accent jazzy. Les pistes de l’album sont autant de positions, d’instants dans une relation que Zooey Deschanel partage avec un « Lui » hypothétique, allant du coeur brisé dans Sentimental Heart (première chanson de l’album) à l’impatience face à l’attente de « Son » retour dans Why do you let me stay here? en passant par les discussions philosophiques avec ses copines sur l’approche qu’elle a de l’amour dans This is not a test. La simplicité et l’universalité (en quelque sorte) des émotions évoquées, associées au chant faisant volontairement référence aux grandes du jazz (toute proportion gardée évidemment) ne peuvent qu’emporter l’auditeur. Le jeu à la guitare toujours aussi impeccable de Matt Ward est d’un optimisme a toute épreuve qui rend l’album entier chaleureux et nous donne le sourire, même pendant les chansons plus sombres et celles qui tentent de rationaliser la relation amoureuse dont les textes sont, malheureusement, moins convaincants.

Un peu de romantisme servi par une voix enchanteresse ne fait jamais de mal alors laissez vous emporter par Volume One de She & Him!

L’album du 24 Novembre 2011

En fait, pour la plupart des gens, il vaudrait mieux vous contenter du bonus et faire comme si c’était l’album du jour. Je dis ça parce que le véritable album du jour, Ἀποκάλυψις (ou Apokalypsis pour ceux qui veulent être capables de le prononcer) de Chelsea Wolfe, n’est clairement pas conçu pour plaire au plus grand nombre (même si certaines chansons pourraient devenir des « tubes » à l’instar de Mer ). Parlons directement du sujet qui fâche: l’apparence trompeuse. En regardant la pochette, beaucoup penseront à une utilisation poussée d’imagerie et de codes witch-house mais rassurez-vous (ou pas), ce n’est pas du tout le cas. En fait il s’agit de symboles très pointus faisant référence à des choses qui me dépassent pour la plupart. Si bien que je ne vous proposerai pas de décryptage.

Mais venons-en à ce qui nous intéresse dans cette « rubrique » (presque) quotidienne: la musique. Il ne vous faudra pas longtemps pour comprendre que c’est du lo-fi, premier obstacle au consensus donc. En plus de cela, il faut savoir que cet album, comme son prédécesseur d’ailleurs, n’existe que parce que Chelsea Wolfe veut garder une trace de ce qu’elle crée sur scène. La scène est donc son véritable élément et ça s’entend. Pourquoi? Parce que l’expérience va au delà de la musique. La compositrice crée des ambiances dans son propre univers avec lequel il convient d’abord de se familiariser au risque d’avoir une vision troublée de son art. C’est vrai qu’en apparence, le tout semble relativement simpliste, voire amateur. Pourtant, les mélodies sont au contraire soigneusement travaillées, les effets sont calculés avec une minutie impressionnante et, évidemment, le timbre et le grain si particulier de la voix de Chelsea Wolfe sont totalement voulus. Ce travail est tellement soigné que la chanson Movie Screen parvient à installer un malaise. Ce qui m’intrigue le plus, c’est qu’elle réussisse à user d’un certain mysticisme, voire de références occultes et autres invocations chamaniques qui me sont d’habitude insupportables, tout en restant assez mystérieuse, originale et inspirée pour ne pas tomber dans la facilité, et donc s’offrir un voyage aller-simple au royaume des oubliettes. Pire même, elle aurait pu finir en fail du Dimanche! Mais force est de constater que l’artiste sait exactement ce qu’elle fait et qu’elle nous hypnotise. Elle va même jusqu’à s’offrir le luxe de faire un album plus simple d’accès que son prédécesseur The Grime and The Glow et pourrait relativement facilement capturer de nouveaux fans dans ses filets.

Ἀποκάλυψις est donc un album lo-fi hanté par une grande partie des locataires de l’esprit de Chelsea Wolfe qui, bien que très spécial, ouvre l’artiste au monde de l’underground étendu. C’est du moins ce que je lui souhaite.

Enjoy! 😉

L’album du 25 Novembre 2011

L’album du jour est Distraction Pieces de Scroobius Pip. Sans son comparse Dan Le SacScroobius Pip reste évidemment hip-hop mais son style spoken word s’offre des producteurs aux influences diverses qui lui permettent de donner un côté rock à son album en lâchant la composante électro de son duo. Ca ne vous étonnera d’ailleurs sûrement pas si je vous dis que Travis Barker fait partie desdits producteurs. Après tout, qui de mieux pour un blend réussi de hip-hop et de rock? Inspiré, enragé et engagé, l’artiste qui tire son nom (je suppose) du poème incomplet d’Edward Lear réussit son coup à la perfection à grands renforts de métaphores percutantes! A tel point qu’il doit sans doute être le premier artiste à sortir son Introduction en single… Respect!

Je retourne étudier les paroles un peu plus précisément et j’espère que vous en ferez autant.

Enjoy! 😉

L’album du 26 Novembre 2011

Annoncé comme garage rétrofuturiste, le troisième album du duo bordelais de Magnetix, intitulé Drogue électrique, est en fait un concentré de punk. Peut-être le label a-t-il eu trop de mal à déterminer quelle mouvance dudit punk était prédominante dans cet album pour l’estampiller de la sorte. On les comprend! Si le côté crade de The Cramps est plus qu’évident, l’influence de The Stooges est également indéniable. A cet instant, nombre de vous doit se demander pourquoi écouter un énième rehash de ces groupes déjà surexploités par les générations qui leur ont succédés. Oui mais voilà, s’il est difficile de les classer, c’est parce que les influences ne s’arrêtent pas là et que la plus importante à mes yeux est celle du punk français des années 80. Grosse prise de risque à saluer d’ailleurs. Eh oui, que faut-il pour faire du revival de punk français 80s à la Métal Urbain? Chanter en français, gagné! Certes, tous les morceaux ne sont pas dans notre belle langue si peu encline à épouser les sons définitivement anglo-saxons du rock en général et du punk en particulier, mais l’effort est louable. Le tout est violé par des synthés qui puent la poussière et la lassitude des maltraitances à répétitions, sans doute ce qui a inspiré le terme rétrofuturiste au label.

Un album pas du tout moderne mais pas non plus classique, punk mais en même temps rock décomplexé… C’est quand la tournée? Faites du bien à vos oreilles avec Drogue électrique de Magnetix!

Le fail musical du 27 Novembre 2011

On est Dimanche!!! C’est le jour du fail musical qui m’apportera peut-être des visites de gens déçus, voire en colère. Mais aujourd’hui, ils ne pourront pas m’en vouloir. Eh non car en essayant de trouver une idée de fail, je suis tombé sur une très jolie chronique et j’ai donc décidé de vous la citer. Voici donc la chronique de EM. DENIS & O. DRAGO (désolé, je ne connais pas leurs noms complets) concernant l’album de BjörkBiophilia:

Björk
Biophilia
Prononcez « Bjeurk »

Avant d’enregistrer des albums-concepts abracadabrants, Björk devrait songer à composer des chansons, car depuis Medùlla, c’est le néant absolu de ce côté-là. Et Biophilia, concept album aride mystico-écolo-cosmico-technologique, accompagné d’autant d’applications iPad (pitié!) que de non-chansons, ne déroge donc pas à cette règle. Chacune d’entre elles « S’inspire de sa perception de la nature et de la lecture d’ouvrages scientifiques » et souligne donc ses réflexions sur les cycles lunaires (« Moon »), l’ADN (« Hollow ») ou encore la gravité (« Solstice »), rien que ça. Ce qui sur le plan musical se traduit par un minimalisme froid, l’absence totale de mélodie et d’émotion, des arrangements grotesques façon fées et lutins en rut et une voix devenue insupportable à force de lignes de chant vaines et maniérées, comme sortie de l’esprit d’une trépanée hagarde et délirante. Pas mal de vide également, quelques notes de harpe et autres instruments acoustiques bousculés par deux ou trois hoquets jungle absolument incongrus. Le plus abscons des albums drone s’écoute avec plus de plaisir que Biophilia, qui n’excelle au final que dans un seul domaine, celui de l’auto-parodie. Mais est-ce étonnant de la part de Björk, qui nous balade depuis trois albums avec du médiocre, sous couvert d’expérimentations arty? Car oui, elle fait partie des artistes intouchables, profondément originaux, « totaux », qu’il faut admirer, quoi qu’ils accomplissent. Amen. Ceux dont on se doit d’avoir les albums dans sa discothèque, ceux qui savent s’entourer (Thom Yorke de Radiohead aux choeurs, Brian Chippendale de Lightning Bolt à la batterie, ah bon?!? Où ça?), ceux encore, qui, tous les mois, sortent une nouvelle édition collector de leur chef-d’oeuvre d’antan, un énième ultimate box-set ou DVD sans intérêt sinon de faire flamber la CB des… fans. Car il lui en reste malgré tout.Et des tonnes qui plus est, à en croire les murs de CD de Biophilia entreposés dans nos chères Fnac. Qui sont-ils? Quel est leur problème? Peut-être en connaissez-vous? Peut-être en connaissons-nous? Angoisse… On ne préfère pas découvrir l’horrible vérité. En bref, ce mois-ci, si vous devez faire un cadeau empoisonné, pensez à Biophilia, ou à défaut au Metallica/Lou Reed… Björk, en tout cas, est officiellement morte pour la musique, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a déjà fait don de la sienne à la science.

0/10

C’est tout pour cette semaine mais l’Unique Monsieur Tout-le-Monde revient Dimanche prochain vous approvisionner en musique!

En attendant, vous pouvez vous aussi tenter de débusquer des albums et/ou artistes méconnus (ou juste bons, c’est déjà pas mal). D’ailleurs, si vous avez des recommandations, n’hésitez pas à me contacter par mail/Twitter/Google+/commentaire.

A la semaine prochaine!

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