La semaine musicale du 28 Novembre au 4 Décembre 2011

Salut les kids!

Non je vous rassure, Philippe Manoeuvre n’a pas pris les rênes de ce blog, c’est juste un micro pétage de plomb dominical. Toujours est-il qu’il est venue l’heure du récapitulatif musical de la semaine.

L’album du 28 Novembre 2011

Aujourd’hui, l’ art-rock est à l’honneur. Oui j’assume complètement! Et puis vous verrez, art-rock certes mais pas si prétentieux qu’on pourrait le craindre. White Death & Black Heart est le dernier né du trio helvético-canadien Peter Kernel et je l’A-DO-RE! C’est un peu la version mainstream de la noise, une invitation à découvrir cet univers époustouflant adressé particulièrement aux néophytes mais qui peut évidemment plaire aux connaisseurs. On va de la noise-pop de Anthem of hearts au lo-fi de There’s nothing left to laugh about en passant par le post-rock noisy de We’re not gonna be the same again. L’expérimentation est très légère, les bourrins peuvent passer leur chemin, les poppeux purs trouveront que ça ne dégouline pas assez et les puristes trouveront ça trop mainstream mais on s’en fout! Les mélodies sont jolies, les voix toujours aussi fascinantes (surtout celle de Barbara Lenhoff) et, s’il vous fallait un dernier argument avant de vous jeter à corps perdu dans White Death & Black Heart, sachez que le label responsable de ce petit bijou n’est autre qu’Africantape oui oui!

Pas la peine de m’étendre sur le sujet, l’album du jour n’a vraiment pas besoin de moi pour le défendre, il le fait très bien tout seul. Je tiens enfin mon album « entrée » dans la noise. Alors cliquez!

Le bonus du 29 Novembre 2011

Je ne peux décemment pas le mettre en album du jour parce que, comme toujours, c’est un poil trop prétentieux (désolé pour la blague pourrie et je suis content si vous ne l’avez pas relevée) mais le nouvel album de Quentin Dupieux, aka Mr Oizo, est sorti en début de mois. Il s’appelle Stade 2 et… Ben c’est du Mr Oizo quoi. On va dire que c’est de l’ électro-acoustique expérimental pour y mettre une étiquette mais est-ce bien la peine? En tout cas, c’est un univers à part, à tel point qu’en repensant aux albums du Monsieur, on trouverait presque logique son film Rubber (qui souffre moins de sa prétention que de son élitisme décomplexé, ce qui ne m’a pas empêché de l’apprécier).

Je n’ai rien d’autre à dire de plus… Je vais aller récupérer mon Flat Eric quelque part dans les malles de ma cave pour fêter ce retour et me rappeler de l’époque insouciante où j’ai découvert cet artiste, comme tout le monde à l’époque, avec Flat Beat 😉

Edit: En bonus du bonus, vous pouvez aller voir une nouvelle forme de critique à propos de cet album.

L’album du 29 Novembre 2011

Ce soir, je fais dans la facilité. Oui ben arrêtez de vous plaindre, c’est comme ça! Vous avez sans doute déjà entendu parler de Brother in Death du groupe dDamage, ne serait-ce que par le clip de Shex Savage (qui est en fait un bootleg d’un track d’un album précédent de dDamage que Shex avait fait à la va vite sous forme d’hommage lors d’une rencontre à Osaka et qu’ils ont retravaillé par la suite) que j’ai tweeté il y a quelques semaines. dDamage c’est l’exemple même du groupe qui cartonne et a des fans partout en France mais surtout à l’étranger (Russie, Japon…) et dont on n’entend pas parler dans les médias traditionnels. Dans leur cas, par contre, on n’entend parler que d’eux en ce moment sur le web et dans la presse (ultra) spécialisée. En même temps, on ne peut pas nier que ce soit mérité. Si on ne prend en compte que l’album, c’est déjà de l’ électro-punk exceptionnel qui a absorbé un nombre à peine croyable d’influences avant de les digérer et de les ressortir à sa sauce. Un objet étrange à la croisée de Pop Will Eat Itself (qui a d’ailleurs fait son grand retour récemment), d’ Aphex Twin, de Slayer et des Geto Boys. Si l’on prend en compte les dix ans de carrière des frangins Hanak, ça devient vertigineux de diversité, de liberté et d’expérimentations. Et pour le peu qu’on les ait vus en concert, on ne peut pas s’empêcher de s’agenouiller. Déjà, ça fait du bien de voir de l’ électro à base d’analogique, ça change de tous ces mécheux qui appuient sur trois touches sur un PC ou un Mac… Et puis il faut avouer qu’ils envoient du lourd avec leurs guitares, leurs basses, leur Atari et leur mégaphone! C’est simple, c’est du Do It Yourself dans toute sa splendeur, c’est l’esprit punk qui investit le domaine électro , c’est la nique que font ces férus de singes aux hipsters relous qui peuplent maintenant les salles à la prog électro.

Et comme si la fratrie ne suffisait pas, Brother in Death contient une ribambelle de featurings et de collaborations en tous genres avec des ultra-connus (Bernard Fèvre et Mondkopf par exemple) et des p’tits gars en plein essor (Shex, dont on me souffle qu’il est en train de se faire un nom mais dont, je dois bien l’avouer, je n’ai jamais entendu parler).

Bref, un bon coup de cet électro non formaté pour les dancefloors mais qui leur sied pourtant si bien vous fera du bien.

Enjoy! 😉

L’album du 30 Novembre 2011

S’il est important que des groupes recherchent de l’innovation dans la musique, qu’ils créent, mélangent à tout va et qu’ils produisent par la même occasion des albums plus ou moins réussis, il est carrément vital de parfois sortir de cette sempiternelle expérimentation. Pour ça, on peut toujours compter sur The Spits, peut-être le groupe punk le plus crétin au monde. Avec leur cinquième album, sans nom comme d’habitude et que l’on appellera donc The Spits V pour faire comme tout le monde, les p’tits gars de Seattle sortent leur plus belle voix d’attardé et leurs riffs les plus stupides pour accompagner leur clavier à deux dollars et repousser encore un peu plus loin les limites de l’indécence musicale. Cette fois-ci, pas de temps mort! Le quintet (en comptant le chant en background de Broose Young qui apporte son ivresse perpétuelle simulée) livre en moins de 20 minutes un concentré d’attaques à main armée contre votre intelligence et votre bon goût. Nos sales gosses ne changeront pas, c’est du moins ce qu’on espère. Les provocations faciles et vite faites comme la couverture de l’album qui se fout ouvertement de l’album de Coldplay, ainsi que les exclamations typiquement adolescentes (telles que l’interprétation on ne peut plus méprisante et je-m’en-foutiste de My Life Sucks) sont tout simplement jubilatoires.

Une vengeance contre la surintellectualisation d’à peu près tout ce qu’on peut imaginer, The Spits V est un outil d’expression de révolte, une amorce au soulèvement. L’écouter et le partager est un geste militant contre la débilisation par la pseudo-intellectualisation et pour la liberté par la connerie assumée.

Abrutissez-vous! Pour une fois, ce sera un choix réfléchi… 😉

L’album du 1er Décembre 2011

Ca aura été dur de trouver du bon aujourd’hui! Je n’ai pas arrêté de chercher un album méritant le titre d’album du jour depuis que je suis rentré du travail et je dois bien avouer que beaucoup n’ont pas eu le temps de terminer leur deuxième chanson. Mais c’est fait! J’en ai trouvé un et c’est du bon! Pas très étonnant en même temps…

Il s’agit de Hungry Dogs de Zëro. Ce troisième album nous perd encore un peu plus dans l’univers du groupe tout en évitant encore une fois soigneusement de nous laisser la moindre chance de leur coller une étiquette. C’est du Zëro, ça ne s’explique pas et ça ne se catégorise pas… Ca s’écoute et ça se vit! On peut juste remarquer que la voix prend plus de place puisqu’elle est cette fois présente sur 8 morceaux, toujours aussi étrangement vintage. Un peu comme un revival du chant rockabilly envahissant une musique pourtant à la fois actuelle et futuriste de par ses nombreuses expérimentations. C’est à se demander si l’étiquette n’est pas carrément une phobie pour les ex-Bästard puisqu’ils vont jusqu’à provoquer la dégénérescence de Queen of Pain, le dernier track de l’album et de loin le plus rock, pour le forcer à terminer sa course en mix d’ ambient et d’expérimental

Un album qui nous happe alors qu’il ne sait sans doute même pas ce qu’il est. Mais c’est peut-être parce que Zëro se moque éperdument de savoir où il se situe qu’on peut adhérer à tant de variations.

Encore! 😉

L’album du 2 Décembre 2011

Artificial Madness est la preuve que, tout grand qu’il est, Chris Connelly parle parfois sans réfléchir. S’il avait juré qu’on ne le reprendrait plus à faire des chansons car il préférait se consacrer à l’expérimentation sonore plus que musicale, aux collages de sons et autres formes poussées à l’extrème d’art sonore, il nous livre bien ici un corpus de chansons. Mais on ne se plaindra pas de ce revirement puisqu’il se trouve que l’album est bon.

Si je vous dis que c’est du bon Connelly, et comme vous me connaissez un peu, vous vous doutez que Artificial Madness est une plongée dans le post-punk comme tous les meilleurs travaux (selon moi bien sûr) du Monsieur, que ce soit en groupe ou, comme ici, en solo (avec l’aide d’un backing band tout de même évidemment). Musicalement, c’est nickel: des guitares tendues,noisy à souhait, parfois quelque peu shoegaze (rien d’étonnant puisque le backing band a une composante du groupe Wolves in the Throne Room et un bout de Minsk bien connus pour leur doomgaze, à savoir un mix de doom metal et de shoegaze ), des progs noyées dans le mix mais toutefois perceptibles… Reste un problème ou devrais-je dire LE problème? Contrairement à beaucoup des fans de Chris Connelly, ce n’est pas du tout sa voix que j’aime. A vrai dire, elle m’énerve et je suis presque au point de la détester. Cette propension à tenter de copier les crooners tout en chantant de façon, osons le dire, plus que lancinante m’horripile. Tant mieux si certains l’adorent mais qu’est-ce que j’aurais aimé qu’il fasse cet album en prenant quelqu’un d’autre pour chanter ou, à défaut, en mettant des vocal backups un peu partout! Je sais bien que c’est son truc et qu’il faut prendre sa musique avec son chant mais… Pourquoi?!?

Un très bon album que vous apprécierez d’autant plus si vous n’êtes pas allergique à la voix de Chris Connelly mais qui, de toute façon, DOIT être écouté. 😉

L’album du 3 Décembre 2011

Attention, metal haters et allergiques au bourrin s’abstenir! End Time est le 6e album de Brutal Truth (je ne parle bien que des LPs car si on ajoute les EPs et les splits, ça monte à 18 et on ne compte pas encore les compils et DVDs) et c’est peut-être leur meilleur. Du grindcore parfaitement maitrisé agrémenté de noise et de sludge metal. Du bourrin, de l’ultraviolent même, qui présente une palette impressionnante de techniques et une complexité à faire pâlir bon nombre de groupes de noise plus « posée ». Non contents de nous mettre une claque avec le très sludge morceau d’ouverture, Brutal Truth a de toute évidence décidé de nous matraquer jusqu’à épuisement et entame une montée en puissance qui prend une accélération non négligeable avec Fuck Cancer. A l’écoute de Butcher, on se dit d’ailleurs que le travail tient plus de la chirurgie que de la boucherie. Si End Time est si marquant, c’est aussi grâce à la variété des genres qu’il aborde. Seul petit bémol: l’avant-dernière chanson, Drink Up, qui est un peu lente et pas très inventive. Heureusement, l’originalité reprend le dessus pour le dernier titre, Control Room, qui enferme l’auditoire pendant un quart d’heure dans un laboratoire de ce qu’on pourrait appeler du free noisy grind. De quoi nous mettre à terre avant de laisser le silence s’imposer dans la pièce.

Man up! C’est le moment d’accepter le passage à tabac sans broncher! 😉

Le fail musical du 4 Décembre 2011

Le premier album de Das Racist intitulé Relax a le mérite d’être un message très clair adressé à la presse qui a cru en eux après leurs deux mixtapes plus qu’inégales sorties en 2010. Ce message est en fait une onomatopée: « Mouahahah! » Pour rester dans le degré de classe proposé par l’album, on pourrait même dire que c’est un doigt dressé au monde…

J’aurais quand même presque du respect pour eux tellement ils arrivent à cristalliser dans chaque chanson leur problème en tant que groupe: l’usure prématurée de leurs petits « trucs ». Le principe est simple. Chaque chanson est en fait un gimmick utilisé ad nauseam, ce qui fait qu’arrivé à la fin du morceau, on n’en peut littéralement plus et on attend le changement. Problème: le processus se répète à chacun des 14 tracks. Je ne m’étais jamais aperçu que 14 petits morceaux pouvaient paraitre une éternité. Non contents de ce manque d’inspiration musicale évident, les New-Yorkais assènent des paroles d’un ridicule rarement égalé avec des refrains affligeants. Même le titre Relax, morceau d’ouverture, présenté comme LE tube de l’album, y compris par la presse déçue, s’avère navrant. On croirait faire un bond d’une demi-douzaine d’années en arrière lors de la vague Hip-Hop pour du LOL bien lourdeau qui ne manquait pourtant à personne.

Ca a l’air dur comme ça, mais je vous promets que c’est du très très gros fail. Je vous laisse vous y frotter parce qu’il faut l’entendre pour le croire…

Adieu Das Racist!

N’oubliez pas de vous nourrir de musique et n’hésitez pas à me contacter pour me souffler quelques albums à découvrir. A la semaine prochaine!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s