La semaine musicale du 12 au 18 Décembre 2011

Bonjour à tous!

Je sais, je sais, j’ai raté la deadline d’hier pour la semaine musicale. Comme vous le verrez, cette semaine n’est pas complète mais c’est toujours ça à vous mettre entre le marteau et l’enclume. Retour sur une semaine musicale placée sous le signe du cinéma.

L’album du 12 Décembre 2011

Tu es prêt Marty? Aujourd’hui, on va visiter les Etats-Unis à peine quelques années après que tes parents se soient rencontrés et aux alentours de l’arrivée du bébé McFly, c’est-à-dire toi. Il va nous falloir un paquet de Gigowatts!!! Ca tombe bien, le groupe Wild Flag qui a récemment sorti un album éponyme possède le carburant parfait pour ce voyage: une énergie abondante emplie d’une saveur 60s incomparable! Allez, c’est parti, saute dans la DeLorean!

Wild Flag est en fait la rencontre du pop-punk et des girls bands des 60s. Le supergroupe est composé de Carrie Brownstein et Janet Weiss des Sleater-Kinney, groupe très influent des scènes riot grrrl et indie rock des années 90, de Rebecca Cole, ex-membre de The Minders, et de Mary Timony, principalement connue jusqu’à présent à travers Helium. N’essayez pas de trouver une définition de l’album du côté des perpétrateurs (il semble qu’il n’y ait pas de féminin pour ce mot) puisque selon celles-ci, leur musique oscille entre « le son d’une avalanche emportant un dauphin » et « le croisement entre un hamburger et un hot-dog » (on comprend mieux l’origine des souffles psychédéliques présents dans l’album).

Une chose est sûre, le chemin a été long depuis les 90s où les filles, chacune de leur côté ou presque, affichaient un militantisme sérieux et implacable. Place aujourd’hui à la bonne humeur, à la légèreté, à la joie affichée et à la musique de circonstance: pleine d’explosivité, de riffs incitant à se secouer sur les dancefloors et, tout de même, d’un zeste de sauvagerie puisqu’on n’échappe pas à ses racines punk.

Alors, tu es prêt Marty? Je vais brancher la DeLorean aux enceintes propulsant les 9 bijoux de Wild Flag pour faire le plein et on décollera, direction les années 60!

L’album du 13 Décembre 2011

Depuis Matrix (j’aurais bien dit depuis Ghost in the Shell dont ce film n’est pas grand chose de plus qu’un rip-off mais le premier a eu plus de spectateurs), même les plus cartésiens se sont ouverts, ne serait-ce que le temps de la projection, à la possibilité que le monde ne soit pas comme il nous apparait. Eh bien il en va de même pour l’album du jour, bien moins sage qu’il n’y parait. Prenez donc la pilule rouge et plongez avec moi découvrir le vrai visage de The Whole Love de Wilco.

Si j’ai commencé par une référence au film des frères Wachowski, c’est aussi parce que le va-et-vient constant entre deux univers cohabitant dans cet album m’a rappelé la dualité entre le monde réel (qui serait ici l’ensemble des titres plus intimistes, je vous expliquerai pourquoi dans une minute) et le monde fantasmé, celui que les machines nous imposent pour pouvoir nous vider de toute énergie à leur profit (ici le corpus de titres plus expérimentaux et rock, explication à venir encore une fois). Je sais que ces analogies sont contre-intuitives mais vous allez comprendre. Wilco essaie depuis quelques temps de changer un peu de style mais, malheureusement, les fans de la première heure commencent à se faire entendre et n’ont pas beaucoup apprécié Sky Blue Sky et Wilco (l’album, pas le groupe évidemment). Si bien que Jeff Tweedy, leader du groupe, a eu une idée un peu étrange: donner aux fans ce qu’ils attendent (à savoir le rock expérimental) tout en continuant à se faire plaisir en se livrant de façon un peu plus intimiste et plus posée, le tout en un seul et même album.

Ce qui (me) fascine dans cet album, c’est l’attention portée à ce que d’aucuns qualifieraient sans doute de détails. Si les compositions sont relativement simples, claires et parfois même attendues, ce sont les variations, les effets ajoutés en post-prod et les arrangements incroyablement imaginatifs qui font de chaque chanson une véritable entité, évoluant à son rythme, créant ainsi une sorte de cycle de vie interne à l’album. Chaque chanson est comme une histoire bien pensée: elle vous introduit les personnages (ici une ambiance et des gimmicks) et vous donne l’impression que vous devinez ce qu’il va se passer, puis un évènement inattendu fait évoluer les personnages et vos certitudes laissent place à de nouvelles conjectures qui seront à nouveau balayées et ainsi de suite (je vous l’accorde, on n’en fait pas beaucoup par an des livres comme ça). Ca fourmille de bonnes idées, de trouvailles et de preuves d’un grand savoir-faire.

Un petit doute tout de même: pourquoi avoir mis Art of Almost en ouverture d’album alors que c’est de très loin le meilleur titre (ce qui ne veut pas dire que le reste soit mauvais, vous l’aurez compris, mais je suis tombé amoureux de ce premier titre)? Je ne vois qu’une explication possible: le packaging musical. En effet, ce track est le pendant expérimental du très folk One Sunday Morning, enrobant ainsi l’album des deux facettes de The Whole Love pour donner une cohérence, un « tout » (ahah! Que je suis drôle…). A bien y réfléchir, c’était peut-être uniquement pour rassurer les fans dès l’entrée de l’album avec un titre expérimental et minimaliste des plus captivants… Mais je préfère penser que la démarche est plus artistique alors je vais garder ma première explication si ça ne vous dérange pas.

Etudiez la collision de deux univers dans The Whole Love de Wilco et décidez par vous-mêmes dans quel monde vous souhaitez rester, si tant est que tel choix soit possible… 😉

L’album du 14 Décembre 2011

Je n’ai rien trouvé. Mais pour trouver, encore eut-il fallu chercher correctement, je le confesse…

Le bonus du 15 Décembre 2011

Puisque je n’ai pas eu le temps de mettre un album hier, vous avez droit à un petit bonus aujourd’hui pour me rattraper. Voici /sing de Video Game Music Choir. Le nom du groupe me semble assez clair mais s’il était toutefois besoin d’expliquer le concept, ce sont des reprises de thèmes et OST de jeux vidéos faites par une chorale. Et si je vous le propose, c’est évidemment parce que le résultat vaut le coup, et pas seulement pour la nostalgie!

Gamers, gameuses et néophytes qui ne savez même pas ce que vous ratez (comme je vous plains), profitez de l’occasion pour (re)découvrir certaines des musiques les plus marquantes du jeu vidéo!

L’album du 15 Décembre 2011

Ceux qui s’intéressent un tant soit peu au cinéma connaissent forcément les créations de David Lynch que l’on qualifiera, afin que personne ne puisse me contredire, de « personnelles » et « originales ». Ceux qui aiment son style savent également qu’il s’occupe de la musique de ses films lui-même et qu’il sait bien s’entourer pour ce faire. Eh bien Maitre David Lynch (oui j’aime son travail – sans être un acharné non plus – et non ça ne fait pas de moi un bobo) nous gratifie de ce qu’on a peine à appeler son « premier album solo » mais qui l’est pourtant: Crazy Clown Time.

Comment qualifier cet album? Eh bien, si on écoute l’artiste, on a affaire à du modern blues. Ouais, pourquoi pas… Ce qui est sûr c’est que Lynch aime se (et nous) ballader. Du coup, on a effectivement du blues mais également de l’ électro (même un trip électro-rock un peu décevant en la chanson de Stone’s Gone Up ), du trip-hop et quelques pincées de goth (seulement pour saupoudrer évidemment comme dans I Know ). Le paroxysme du dark (en ce qui concerne l’album) est atteint avec l’ électro pesante et parasitée de Noah’s Ark dans laquelle le texte susurré fait des merveilles: l’une des meilleures chansons de l’album, qui m’a d’ailleurs étrangement fait penser à Inland Empire, sans doute le Lynch que je préfère, alors même que la BO ne ressemblait pas du tout à ça. Peut-être l’étrangeté d’une sensation si lourde associée à si peu de fioritures… Le réalisateur devenu chanteur joue avec sa voix dès le départ, se donnant des airs d’ivrogne dansFootball Game pour rendre son identification carrément hasardeuse lors du chaotique et jouissif title trackCrazy Clown Time, où on a l’impression d’assister aux complaintes d’une vieille abandonnée. Quant aux textes, que dire? C’est une conception de l’humour et de l’amusement en général qui est toute personnelle à David Lynch mais on s’en doutait bien en entrant dans l’album. Par exemple, c’est la première fois (de mémoire en tout cas) que j’entends chanter la libération et les plaisirs que peuvent apporter une rupture… Les lyrics sont donc souvent à la limite de l’absurde mais restent toujours poétiques, ce qui n’étonnera aucun amateur du Maitre.

Dans l’ensemble, on s’attendait à quelque chose de beaucoup plus expérimental étant donné l’amiral en charge de ce voyage mais on ne peut pas se plaindre puisque le résultat est très bon. Petite gêne personnelle toutefois: j’ai définitivement horreur des voix vocodées et ça a un peu cassé mon plaisir, surtout sur Strange and Unproductive Thinking. Je comprends le choix mais je le regrette, particulièrement sur cette chanson qui, en dehors de ça, est magistrale.

Pour les fans de David Lynch, j’imagine que je n’ai même pas à vous motiver. Pour les autres, ceux qui auraient peur de s’ennuyer, je vous rassure, il se passe beaucoup plus de choses dans Crazy Clown Time que dans The Straight Story (Une Histoire Vraie en VF, auquel je n’ai toujours pas trouvé d’intérêt soit dit en passant) ou même Twin Peaks. En bref, sa musique est plus facile d’accès que sa filmographie. Alors n’hésitez pas une seconde et laissez sa chance à cet album produit, réalisé, composé, écrit et interprété (je n’ai rien oublié?) par David Lynch!

L’album du 16 Décembre 2011

Lundi et Mardi de la SF, hier du cinéma expérimental… Restons dans les évocations cinématographiques pour l’album du jour mais je vous préviens, l’analogie concernera un genre dont on parle beaucoup moins même si les chiffres nous prouvent que c’est de loin le genre le plus populaire. Ca y est, vous avez deviné? Eh oui, le parallèle cinéma/musique du jour se fera avec le porno.

HTRK livre ici un album extrêmement sexuel avec Work (work, work). Pourtant, vous l’aurez sans doute compris grâce au titre, on ne peut pas dire que ce soit très appétissant… Pour s’assurer que l’on comprenne bien la direction de l’album, Jonnine nous sert sa voix la plus distante pour représenter l’ambiance dérangeante d’un porno allemand dès le titre d’ouverture Ice Eyes Eis. Sans toutefois sombrer dans le glauque, on nous présente au fil de l’album une galerie de personnages tous plus dépendants les uns que les autres comme ce personnage complètement obnubilé par l’objet de ses désirs dans Eat Yr Heart. Comme à son habitude, HTRK parle donc de sexe mais cette fois, on a peine à imaginer qui que ce soit trouver cela excitant. Ce changement de ton est accompagné par un changement radical côté musical. L’ex-bassiste du groupe, Sean Stewart, s’étant suicidé l’an dernier, on peut imaginer pourquoi son remplaçant ne reprend pas exactement le rôle du membre originel et prend une place un peu en retrait. Du coup, on a une électro-pop glaciale et minimaliste, ce minimalisme étant certainement LA bonne idée pour traiter ces sujets lourds de façon aussi glaciale sans, encore une fois, tomber dans le glauque le plus total.

La recette est redoutable: on est dérangé mais complètement captivé, comme happé par l’univers froid et terrifiant, pourtant « ordinaire », qui nous est présenté par le trio. La beatbox, véritable épine dorsale de Work (work, work), renforce le sentiment de déshumanisation que les lyrics ne manquent pas de nous faire passer concernant ces travailleurs du sexe (« It’s just business baby, there’s nothing personal about it » et « I’m like a burning fire, new blood for hire » dans Body Double par exemple). Pourtant, la séduction n’est jamais très loin. On ne peut que remarquer l’efficacité de cet aspect dual du travail des australiens. Je ne suis pas sûr d’être capable de l’expliquer mais ça fonctionne.

Tentez l’expérience Work (work, work) (mots auxquels une certaine accoutumance pourrait vous être utile si on continue dans cette voie, mais pas de politique ici donc je m’arrête) proposée par HTRK

Pas de fail musical cette semaine

C’est bientôt Noël, alors « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et tout le monde il est bourré de talent.

Annonce

Etant donné que je n’ai pas de vacances cette année mais que la fin d’année est quand même toujours chargée, la Semaine Musicale, elle, prend ses vacances! On se retrouve début Janvier pour de nouveaux albums. En attendant, deux petites recommandations.

Un album à écouter pour Noël

Comme moi, vous n’en pouvez plus d’entendre Tino Rossi et autres pour Noël. Comme moi, vous avez tenté il y a quelques années les reprises un peu décalées des grands classiques de Noël mais l’immondice signé Billy Idol vous a refroidi. Comme moi, vous vous étiez fait(e) à l’idée que Noël était synonyme de musique à peine supportable et à forte dose.

Réjouissez-vous! She&Him, le groupe de Zooey Deschanel dont je vous avais parlé il y a quelques semaines, vous propose une solution! A Very She&Him Christmas est un album de reprises des grands classiques de Noël (les classiques américains évidemment). Ce qui différencie cet album c’est qu’on n’y sent pas le feu de cheminée mais on s’imagine plutôt une cheminée décorative dont l’utilité est discutée par la météo californienne, plus que clémente en cette époque de l’année. Des chansons légèrement vintages portées par la douce voix de notre chanteuse et nous réconciliant enfin avec une certaine musique des fêtes de fin d’année.

La liste de Noël Poulet Neige

Poulet Neige, label québécois, fait sa deuxième édition de la liste de Noël qui est juste, comment dire, un petit miracle! Le principe est simple, vous cliquez sur le lien présenté ci-dessus et vous verrez apparaitre une liste avec… bon ok j’ai pas compté alors on va juste dire avec BEAUCOUP d’artistes. Vous cochez tout ce que vous voulez (personnellement je n’ai coché que la première case, vous comprendrez en suivant le lien) et le 25 Décembre, vous recevrez par mail un cadeau merveilleux: de la musique à ne plus savoir qu’en faire! J’ai bien dit « cadeau » donc évidemment c’est entièrement gratuit!

Je ne vois pas comment qui que ce soit pourrait résister à cette offre alors je m’arrête là. Faites passer le mot à vos amis 😉

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous début Janvier pour de nouvelles Semaines Musicales!

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