L’album de la semaine: Crossing The Rubicon – Definitely Deaf

Aujourd’hui, voyage sans retour (oh le jeu d’esprit pourri, désolé) dans un pays aux fondations bancales mais dont la réussite laisse rêveur: celui de Crossing The Rubicon. Pourquoi bancales? Parce que Definitely Deaf, leur deuxième opus, continue sur la lancée de leur self-titled en mêlant, pour parler vite, une guitare hardcore punk et une basse stoner. Un cocktail aussi difficile à manipuler que de la nitroglycérine.  Un naufrage annoncé, donc? Peut-être, mais la formation parisienne a encore une fois réussi à déjouer les pronostics.

L’album réunit en fait énormément d’influences. C’est un savant mélange de stoner, de hardcore punk, de rock’n’roll, de chaotic metal et autres réjouissances (certains pensent même déceler du sludge mais je les soupçonne d’avoir trop usé de substances illicites). Vous le savez maintenant, il est important de nos jours de marquer dès l’ouverture d’un album. On peut dire que le pari est réussi avec le titre Meatwagon qui assomme l’auditorat d’entrée de jeu, comme pour nous dire «soumettez-vous, bitches! Ce n’est plus l’heure d’analyser mais d’apprécier la torture méticuleuse de vos marteaux et de vos enclumes endormies au fil des années par les daubes commerciales qui les assiègent». La formation parisienne se travestit ensuite en Mastodon pour nous offrir deux titres stoner-noise/progressive metal (ok c’est peut-être pour ça que d’aucuns y voient du sludge en fait… Mais je ne suis toujours pas convaincu!) particulièrement efficaces: MKULTRA et Bang-Ubot.

En réalité, c’est peut-être là qu’on se rend compte que Crossing The Rubicon assume désormais pleinement son amour du stoner. En effet, le premier album laissait penser que le hardcore punk était là pour rassurer alors qu’il n’est plus à présent qu’un élément rendant la sauce un peu plus noisy. C’est du moins mon avis. C’est cette libération qui permet au groupe de déchainer ses influences rock’n’roll lors d’Ayatollah Ayatollah par exemple, ou du titre Interspecies Intercourse qui emprunte tant au rock des seventies qu’au rock psychédélique actuel (même si ce dernier est un peu moins évident, je vous l’accorde. Mais tendez l’oreille et vous comprendrez de quoi je parle). On s’éloigne donc du premier effort, Crossing The Rubicon, sans toutefois en trahir l’esprit. Je vois même dans Porn Unicorn, de loin le morceau le plus hardcore, une sorte d’hommage audit album. Comme un rappel avant le final de Definitely Deaf, le track éponyme qui prend à nouveau son auditeur aux tripes pour le bastonner une dernière fois avant de lui rendre sa liberté… Qu’il s’empressera d’abandonner pour une deuxième (ou une énième) écoute!

Ne vous privez donc pas de cette délicieuse torture (elle doit être électrique si on en croit les convulsions que notre corps subit à son écoute) et jetez vous à corps perdu dans l’univers étonnamment bien construit (malgré le nombre impressionnant d’influences pourtant pas si proches les unes des autres que ça) de Crossing The Rubicon au travers de leur deuxième effort, Definitely Deaf.

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures auditives. Comme d’habitude, n’oubliez pas de laisser trainer vos oreilles blablabla (you know the drill, mates).

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