L’album de la semaine: A Place To Bury Strangers – Worship

Bonjour amis amateurs de musique, l’Unique Monsieur Tout-le-Monde est enfin de retour pour deux petites semaines (oui, il y aura une autre pause pour cause d’exploration au pays de Monster, Ergo Proxy, Jin Roh et autres chefs d’oeuvres sous-estimés à cause de leur medium). Pour que ce retour ne soit pas trop violent, je vous réserve la partie ardue pour la semaine prochaine. Aujourd’hui, donc, je vous propose le dernier album d’un groupe qui a fait ses preuves: A Place To Bury Strangers. Oui mais voilà, Worship (stream sur Spotify et Deezer) a ceci de particulier qu’il fait un joli doigt au passé shoegaze du groupe puisqu’il décide de le dompter pour une musique plus post-punk / indus. Plongeons nous sans plus attendre dans ce dont il faudra vous abreuver cette semaine!

Depuis 2004, date de la création du groupe, A Place To Bury Strangers ravit son public avec une musique rafraîchissante soutenue par l’esprit Do It Yourself et la (possible) mégalomanie d’Oliver Ackermann. Attention, je dis évidemment cela dans un sens positif. L’homme est totalement habité par son art et semble penser qu’il oeuvre pour le bien de l’humanité entière, d’où l’aspect magistral du résultat. Si les premières releases, datant de 2006, étaient faites d’un shoegaze un peu assommant, le groupe a visiblement décidé depuis Exploding Head (2009) d’effectuer un virage post-punk indus qu’on ne peut que saluer tant il est réussi. Cette ambition a d’ailleurs été confirmée entre ces deux albums par les nombreux EPs de la formation New-Yorkaise.

Le résultat ne peut, à mon humble avis, être apprécié intégralement qu’en connaissant la discographie du groupe. En effet, A Place To Bury Strangers a un son particulièrement fort, souvent agressif. Dans Worship, on assiste en quelque sorte à un exercice d’anger management musical: il s’agit d’agression contrôlée. Le son un peu crade qu’Ackermann aime amener à ses titres par le biais de sa propre marque de pédales à effets de disto et autres, Death By Audio, est évidemment toujours présent (il s’agit tout de même DU signe distinctif le plus évident du groupe) mais l’album va cette fois beaucoup plus loin. Là où le groupe a commencé comme une sublimation de ses groupes cultes (on ne peut que penser à The Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine ou encore Joy Division en écoutant APTBS), il décide aujourd’hui d’ajouter à son fetish pour l’alt-rock des années 80 des touches Curesques indéniables et une noise bien plus prononcée. On le remarque par exemple sur Dissolved qui commence tout doucement, comme un burner gentillet, pour accélérer presque frénétiquement en milieu de parcours. Il en va de même pour le magnifique You Are The One qui démarre par une ambiance calme et légèrement malsaine installée notamment par les paroles S&M du titre avant d’exploser en fin de premier couplet pour nous offrir un refrain distordu et bruyant à souhait.

En somme, Worship est moins viscéral que ses prédécesseurs, moins brut de décoffrage, moins out of the box, tout cela au profit d’un soin nouveau apporté à la mélodie. Comme si Ackermann avait soudainement pris conscience qu’une mélodie n’était pas l’apanage de la pop mielleuse et souvent daubesque contre laquelle il cherche si désespérément un remède. C’est d’ailleurs confirmé par la présence accrue de cette voix qui hésitait tant à se dévoiler jusqu’à présent. Reste que l’album a toujours cette dimension presque live puisque nombre de moments bruyants typiques des concerts ne sont pas retirés. A Place To Bury Strangers a compris depuis bien longtemps que ces moments faisaient également la force de la musique et n’étaient en rien des freins à l’appréciation mais plutôt un signe de respect envers les amateurs qui y décèlent souvent bien plus de vérité que dans les instants (trop) travaillés en studio qui, eux, manquent de spontanéité et donc de vie.

A l’exception d’And I’m Up, le seul morceau orienté space pop si l’on peut dire, l’album Worship est composé de titres qui donnent envie de se jeter par la fenêtre. Toutefois, on en redemande et le moral est étonnamment haut en sortie d’album tant le travail d’orfèvre du groupe nous redonne confiance en l’avenir de la musique.

Bonne écoute à tous et à la semaine prochaine! En attendant, comme d’habitude, n’oubliez pas de laisser trainer vos oreilles partout (et n’hésitez pas à me faire partager vos découvertes. J’ai quelques retours sur les réseaux sociaux qui me font très plaisir, continuez!)

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2 réflexions sur “L’album de la semaine: A Place To Bury Strangers – Worship

  1. J’étais tombé dessus il y a 2 semaines et j’hésitais entre j’aime et j’aime pas. Après lecture de cet article, je m’y suis relancé. Et je l’ai trouvé meilleur que dans mes souvenirs (comme quoi tu fais des miracles). J’ai aimé forcément avec le côté The Cure mais après plusieurs nouvelles écoutes, je trouve qu’il y trop de distorsions tue la distorsion. Alors la première moitié j’adhère après je sature.

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